Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 05:56

L'enseignement de nombreuses théories se base sur une méthode: la façon dont on les aborde. La théorie est d'abord abordée telle que présentée par ses théoriciens puis ses limites et contradictions dont mises en avant.

La théorie naît d'un exercice de pensée, d'un laboratoire d'idée. Les chercheurs auxquels revient la paternité d'une théorie penchent des années durant sur un angle d'approche, une vision du monde, au risque de devenir plus partisans que savants. Le danger du partisan est les oeillères qu'il porte, à ne plus voir qu'une réalité, qu'un schéma de fonctionnement et de pensée. Quand l'enseignement se charge d'une théorie, il en explique ainsi immédiatement les limites, pour ne pas oublier qu'une théorie parfaite et complète n'existe pas. 

La théorie n'est pas que pensée, elle est aussi mode d'action. Toute sa dangerosité réside dans son application, si ceux et celles qui l'appliquent sont trop amoureux d'un courant de pensée. Le raisonnement scientifique est alors le bouclier de la raison. La théorie sert à soigner des tensions, une crise, à trouver des réponses à des problèmes établis. Or la théorie a été élaborée par observation, à partir d'un terrain situé dans le temps et dans l'espace. Un cas sert à la montée en généralité. La théorie est donc une science de l'histoire sociale. Elle s'inscrit dans le passé et doit servir idéalement à résoudre les problèmes du futur.

À l'heure d'une crise financière mondiale, des économistes qui ne sont pas d'accord quand ils n'appartiennent pas au même courant de pensée se livrent une guerre qui relève de l'art du duel. Les économistes sont des penseurs, des théoriciens et ont un pouvoir de conseil et donc de décision. Il ne s'agit pas de défendre sa théorie mais d'essayer de lire un contexte, un environnement qui comporte sa propre zone de risques. La théorie est un moyen si elle est mise au pluriel. Les théories doivent continuer à être une base de débat, une piste et un terrain de dialogue en ayant toujours pour fait et cause d'aider des faits. La théorie ne désigne aucunement la réalité d'un contexte. C'est le contexte qui valide l'application théorique. Apprendre des théories revient à apprendre des visions du monde, l'important est de comprendre qu'elles se complètent.

Par Flora
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 21:42

Il faut réformer devant la crise, entend-on du petit matin au sombres heures de la nuit. 

Qu'est-ce que réformer? La réponse à cette question semble être rhétorique, tant on oublie de l'aborder. De toute la campagne présidentielle, elle est pourtant le coeur du débat. Pour réformer, notre outil est la réforme. Si on se fie au sens du mot, on imagine partir donc de mesures préexistantes, d'un état de fait pour le changer, l'améliorer espère-t-on.

Tout au long de son mandat, le candidat non déclaré Sarkozy nous a montré sa conception de la réforme, qui consiste à s'agiter et légiférer au mépris des règles préexistantes, d'une part parce que la réforme se construit ici souvent sur un cas, un fait divers de préférence, et ensuite parce que les réformes ne semblent pas connaître l'environnement législatif dans lequel elle naissent. Bien de nouvelles lois apparaissent sans abroger ou modifier les précédentes, particules indépendantes qui laissent un flou juridique dont on ose espérer que les exécuteurs exploiteront pour mener une politique sociale de justice. Le paragraphe qui vient d'être écrit contient trois notions qui ne devraient pas se trouver côte à côté: celles d'exécutif, de législatif, et de juridique. Le b.a.-ba du concept de la démocratie est la séparation de ces trois pouvoirs. La constitution de notre république étant ignorée ces jours-ci dans l'exercice du pouvoir, une seule et même personne contrôle exécutif, législatif et juridique. Exemple: partons d'un fait divers, une personne a été assassinée. Notre président - monsieur exécutif en principe- se replonge dans ses souvenirs de l'unique plaidoirie d'avocat qu'il a soutenue, et va légiférer dans le domaine juridique, assurant d'une part qu'il aura défini le cadre -pouvoir législatif qui revient à l'Assemblée Nationale-, l'application de cadre et le contrôle de la régularité de ce cadre. Non content de préciser qu'il veillera lui-même au respect des mesures prises au prochain cas de fait divers, et de fait de préciser qu'il fera pression sur des juges qui ne dépendent point de lui mais du pouvoir juridique, sans compter que la loi s'applique à un cas et ne tient compte du cas par cas. Réformer tient donc d'une démarche, a priori encadrée. Or, peut-on parler de réformer sans suivre la règle démocratique et encore moins une once de bon sens?

Pourquoi réformer? Là se trouve l'autre question aux apparences rhétoriques. Il faut réformer nous dit-on, mais jamais dans quel but. Nous sommes face à une crise financière, effondrement d'un système financier qui prône libre marché à l'auto-régulation qui visiblement ne fonctionne pas. Retrouver la confiance d'un système financier non viable qui va à sa perte. Le triple A s'en est allé, et la réponse est d'appliquer des politiques de rigueur. Keynes vous dirait que rigueur ne rime guerre avec consommation, pas de consommation dit pas de revenus. Mais surtout, la rigueur passe par une entrave aux dépenses publiques et de fait au service publique. La rigueur se fait doublement ressentir, en terme de pouvoir d'achat individuel mais surtout en terme de prestations sociales, dont la valeur est largement supérieure au pouvoir d'achat perdu. Une pilule journalière pour le traitement de certains cancers coûte 1000 euros pièce. Au mieux de votre santé financière, vous ne pourriez pas supporter le coût d'un tel ennui de santé. 31 000 euros par mois, alors que cette somme est déjà un très bon revenu annuel. Les services publics sont une condition à la vie humaine dans le cas le plus extrême. Doit-on alors raisonner uniquement en coûts? Les hôpitaux n'ont cessé de pointer du doigt le manque et la diminution de leurs moyens. Pas assez de personnel soignant, pas assez d'investissements technologiques, une recherche en mal de subventions. Comment justifier alors les cadeaux fiscaux qui représentent ces coupures budgétaires? C'est ce qu'on appelle l'équilibre du budget. Or l'équilibre est ailleurs. Sur les cinq dernières années, le budget a d'ailleurs fait preuve d'un déséquilibre criant, la dette de la France a augmenté, et on a perdu de nombreux acquis sociaux. Si on convertit ce budget en valeur sociale ou autre indicateur de richesse, on s'aperçoit que les euros perdus sont bien peu à côté de la perte du capital et des possibilités réelles d'un service public. Réformer doit servir à garantir un minimum d'équité et de justice sociale. Une vision à long terme et une réflexion sur les conséquences de la répartition du budget aiderait.

Savoir comment réformer naît du pourquoi.

Par Flora
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 08:08

En pleine guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Maurice Papon, qui est alors préfet de police, ordonne la répression d'une manifestation. Un couvre-feu a été imposé quelques jours plus tôt à une seule partie de la population; les algériens de Paris et banlieues n'ont plus le droit de sortir de chez eux entre 20h30 et 5h30. Devant la mesure "raciste et discriminatoire",le FLN appelle à un rassemblement pacifique sur les bords de la Seine. Si on ignore le nombre de victimes précis, une centaine d'algériens ont fini leurs jours dans l'eau. Le documentaire de Yasmina Adi Ici on noie les algériens établit le massacre, preuves à l'appui.

Le film s'appuie sur des archives, qui n'ont jamais été montrées puisqu'elles restent sous le sceau du secret. Un secret d'état. Comme le rappelle le Conseil Constitutionnel lors de l'abaissement du délai de consultation de ses propres archives, "le délai très bref de vingt-cinq ans (adopté par le Conseil Constitutionnel) n'est pas celui applicable aux autres juridictions françaises. Pour celles-ci, l'accès aux archives se fait, en effet, au terme d'un délai de droit commun de soixante quinze ans, étendu à cent ans dans certains cas exceptionnels". En d'autres termes, les preuves qui racontent des événements historiques ne seraient être présentées qu'une fois obsolètes. Les "archives publiques" ne le deviennent donc que soixante-quinze ans ou cent ans après qu'elles auraient pu être diffusées. À en croire ce délai et si celui-ci s'avérait justifié, le secret d'état pourrait être compris comme un geste de patriotisme. En effet, si des archives publiques restent secrètes, l'honneur de la République et de ses responsables reste sauf. En 1914, des hommes partaient déjà à la guerre la fleur au fusil, leur patriotisme s'étant manifestement construit sur un manque d'informations. La transparence de l'état n'est toujours pas acquise. Le délai trop important de consultation des archives est lui aussi bien ancré. 

La loi organique du 15 juillet 2008 instituée par le Conseil Constitutionnel réduit de soixante ans à vingt-cinq ans le délai de non consultation des archives, franchissant un pas symbolique: en vingt-cinq ans, on n'absout pas le passé. Ses acteurs sont souvent encore présents. Il ne s'agit pas de désigner les coupables, mais de responsabiliser un état et une société. Surtout, cette loi permet de rendre compte de logiques de fonctionnement de notre système législatif, puisque les archives proposent des compte-rendus des séances du Conseil. Elle a aussi une valeur historique dans le sens où elle permet de dévoiler les délibérations et négociations sur des décisions politiques majeures, telles que le référendum sur l'autodétermination de l'Algérie de 1960 ou encore l'élection du Président de la République au suffrage universel en 1962. Enfin, n'oublions pas que le Conseil Constitutionnel est l'un des seuls organes de contre-pouvoir et de régulation qui a toujours force d'opposition dans notre république puisqu'il juge de la constitutionnalité des lois. Les sages de la République ont par leur loi organique du 15 juillet 2008 peut-être amorcé un début de transparence de nos archives publiques.

Par Flora
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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 09:48

La Slut walk, marche des salopes, a commencé de Toronto pour s'étendre à la planète. Ce que ce mouvement dit est simple: les victimes d'agressions sexuelles n'en sont pas responsables, jamais. La provocation est un mythe. Un certaine idée reçue consisterait effectivement à croire que la tenue vestimentaire de la victime serait une raison du viol et donc une justification en soi. Cet argument ressort très régulièrement dans deux bouches: celle de l'agresseur et celle du policier. 

Au commissariat, cette discrimination commence par la première question qui est souvent posée à la victime d'une agression sexuelle: "quels vêtements portiez-vous?". La réponse classique du "un débardeur", "une jupe", voir de tout vêtements dévoilant un centimètre de chaire, est immédiatement validée par un ton approbateur suivi d'un "voilà aussi". Porter plainte doit aider la victime et non la culpabiliser. L'agresseur n'a nul besoin de justification à son acte: la plainte doit l'inciter à ne jamais recommencer, non l'encourager.

Commençons par le commencement: pourquoi à aventures égales appeler un homme un séducteur et une femme une salope? Jusqu'à preuve du contraire, aucune loi ne distingue homme et femme dans le droit à l'égalité. Le préambule de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen commence bien par "Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde". L'Homme avec un grand H est aussi une femme.

Pour ceux qui auraient encore du mal à saisir que le port d'un débardeur n'est pas une incitation au viol, voilà quelques indices qui les aideront à comprendre. Les femmes, comme tout être vivant, peuvent avoir chaud l'été. Ainsi, elles revêtent un débardeur, forme de tee-shirt qui permet de s'aérer un minimum. Ensuite, il vous suffira de rentrer dans un magasin de prêt-à porter pour constater que le débardeur est une pièce classique de l'habillement quotidien. Dernier détail, les hommes en portent aussi.


Pour plus d'informations sur le mouvement: http://www.slutwalktoronto.com/

Les dates des marches: http://www.slutwalktoronto.com/satellite

Par Flora
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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 13:41

Le scandale soulevé depuis peu par la "redécouverte" des effets nocifs du Médiator doit rappeler combien la politique de santé doit être traitée sous un angle particulier, celui de santé publique. Le rapport aux médicaments, et de sorte à la vie humaine, continue à être banalisé par leur statut de produit ordinaire dans le quotidien tant que dans les échanges commerciaux.

Il convient tout d'abord de rappeler que la commercialisation des médicaments est protégée par la propriété intellectuelle: schématiquement parlant, leur accès est légalement restreint pour raisons financières. L'argument, valable, pour cette forme de protection des laboratoires est l'investissement en recherche et développement, très coûteux, soutenu par ces laboratoires privés. La logique qui sous-tend ce principe est simple: on attend du laboratoire qu'il réinvestisse les profits (conservés grâce à leur brevet) dans de nouvelles recherches, et donc dans de nouvelles découvertes potentiellement salutaires. La faille du principe repose sur la non-existence d'encadrement juridique. Les laboratoires pharmaceutiques ne sont pourtant pas réputés pour être des entreprises à but non lucratif.

L'expérimentation dans la recherche et le développement sont absolument salutaires pour aboutir à de nouveaux médicaments à importante utilité thérapeutique, une fois l'étape "rats de laboratoire" validée. La mort potentielle d'individus par un médicament finalement non abouti n'est à ce titre pas une fatalité. Seulement, une fois la dangerosité du médicament avéré, celui-ci doit être retiré du circuit de distribution. Le cas du Médiator interroge à ce titre non seulement l'autorité réelle des autorités sanitaires sur les laboratoires pharmaceutiques et sur une interdiction de la commercialisation de leurs produits. La dangerosité du Médiator avait été pointé depuis plus de dix ans, mais il n'a pourtant jamais été retiré du marché, et l'information n'est pas arrivée aux oreilles du grand public.

Un autre problème et pas le moindre causé par la banalisation du médicament touche au détournement thérapeutique des médicaments. Le Médiator était indiqué dans le cadre d'un traitement du diabète et est devenu un coupe-faim. Comment expliquer à la fois la multiplication des occasions de prises médicamenteuses, dans des cas à l'intérêt thérapeutique contestable, et d'autre part l'accès aux soins qui se réduit de plus en plus?

La réduction du budget alloué à la santé est souvent justifiée par les fraudes à la sécurité sociale. Des réformes sont mises en place et taxent de plus en plus l'accès au soin, mettant gravement en danger le budget santé de l'état et la vie de personnes par la même occasion. Prenons un exemple: quand une personne va voir un médecine qui lui annonce des lésions cancéreuses, mais qui peuvent éventuellement disparaître d'elles-même, il demande au patient s'il veut être opéré et ces lésions enlevées, et donc annuler le risque d'un cancer, ou voir si les lésions veulent bien d'elles-même ne pas évoluer en cancer. Motif: 70 euros de l'opération ne sont pas remboursés par la sécurité sociale ni par les mutuelles. En termes humains, on peut donc voir évoluer un cancer parce qu'on ne possédait pas 70 euros à un instant T. En termes économiques, l'état n'aura pas payé 70 euros au départ mais en déboursera légitimement des milliers pour traiter un cancer. Le principe de précaution aurait pourtant été bénéfique à tous.

Les réformes de santé sont désormais adoptées sans un comité scientifique, les médecins ne sont plus consultés dans les plans d'orientation d'économie budgétaire. La santé et les médicaments sont donc désormais considérés comme un secteur comme un autre. 

Par Flora
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 23:43
Impossible de ne pas penser 'incendies' quand on assiste à 'Incendies'. Parce que des départs de feu se font un peu partout, un peu n'importe quand, au cours de la pièce et après. 
Cette comparaison douteuse laisse place à des faits:
Incendies est la première pièce de théâtre à laquelle j'assiste où tout le monde se lève pour applaudir, non par simple admiration, mais par totale implication.
Incendies est la première pièce de théâtre à laquelle j'assiste où je n'ai pas de pensées une fois que je franchis les portes du théâtre, et peut être même la première fois où je me retrouve sans histoire.
Je ne suis pas sûre de comprendre mes mots, vous non plus, mais je ne veux pas chercher à comprendre, juste que vous assistiez, si le terme est approprié.

Incendies, pièce écrite et mise en scène par Wadji Mouawad, et qui court sur la scène des Célestins  jusqu'au 12 novembre. 
A voir dans le contexte de la trilogie dont elle fait partie Les 14 et 15 novembre à 13h30, toujours sur la même scène.
Et à prolonger par la nouvelle pièce de son auteur, Ciels, un peu après. 
Par Flora
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 20:15
Un nouveau conte berce nos ondes; il s'appelle Jean Sarkozy Joli.
Il va être nommé à la tête de La Défense, quartier d'affaire de Paris, et veiller sur notre économie.
Il n'a que 23 ans. Il nous rappelle qu'il s'agit d'une élection, pas d'une nomination. 
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli.
Il faut déjà arriver à la position de candidature, Joli. 
Et parfois, quand on n'a pas de concurrent particulièrement, le mot d'élection est un écran.
Le mot d'élection n'est plus qu'un mot, perdu car il n'est plus une élection dans un environnement d'élection.
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli.
On donne à un mot la définition qu'on veut seulement quand on est en position de le faire.
Manier la langue est magique, jouissif, joli.
Alors permettez moi de trouver une nouvelle expression moi aussi.
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 
Et il voudrait partir avec nous, tout au bout du ciel.
Jean Sarkozy Joli a été vécu une nomination à une élection. 
Peut être pourrait on dire que Joli a été nominé. 
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 
On est nominé pour une palme d'or parce que des gens nous veulent du bien.
On est nominé pour sortir de Secret Story et sortir du 'temps de cerveau disponible' convoité par TF1.
Mais on ne peut éliminer Joli par SMS.
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 
Luc Chatel nous dit qu'on chasse l'homme Joli.
"le fait d'être fils du président de la République ne donne certes pas davantage de droits mais ne donne pas non plus moins de droits".
Est ce un droit d'être nommé à la tête de la Défense?
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 
Jamais personne à 23 ans n'aurait été candidat à un poste si important.
Parce que personne n'aurait l'idée d'être candidat à un tel poste, surtout sans diplôme notable.
Les lois de la logique sont défiées, au point qu'on ne sait plus quel argument opposer.
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 
Son papa disait ce matin qu'on accède à un poste grâce à nos études, pas à notre naissance.
Il semblerait alors qu'il existe une nouvelle sorte de Licence.
A l'heure où le niveau des diplômes surpassent largement le niveau des emplois.
Il s'appelle Jean Sarkozy Joli. 

 
Par Flora
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 10:58
Philippe Faure officie ces jours au théâtre de la Croix-Rousse (Lyon, 69004) avec son monologue 'Maman, j'ai peur dans le noir'.
 
Philippe Faure s'étonne, s'émerveille. Le monologue commence sur l'inflammation des testicules de son ami. Inflammation qui fait comprendre à Faure à quel point il est content de ne pas avoir une telle inflammation. Une occasion de célébrer ce qu'il a, et de savoir ce qu'il a à célébrer. 
Cette première tirade introduit le ton de la pièce, plein de poésie. Et peut être aussi le constat que les âges de la vie ne sont pas si séparés qu'il y parait. Et surtout pourquoi renier sa part d'enfance? 
Grandit-on un jour? Et surtout grandit-on de la façon escomptée?
Et pourtant, aujourd'hui, grandir semble être une obligation. Est il permis d'adopter un ton enfantin en public? Pas vraiment. L'adjectif 'sérieux' est aposé dès l'école sur les feuilles d'évaluation des bambins et 'sérieux' signifie que l'enfant a un avenir. 
Autre, notre Philippe Faure si angoissé semble s'interdire. S'interdire d'être heureux en se posant les questions qui font de lui quelqu'un de sérieux. Est ce grandir de s'interdire de sourire?
Le monologue interroge notre fragilité: devient on fort quand on grandit? Rien n'est moins sûr. L'essentiel est peut être de se poser la question, sans obligation de résultat, donc de réponse. La force de ce monologue réside sans doute ici: Faure ne nous fait pas ingurgiter des réponses, mais savourer des questions.
Faure use de notre propre malaise pour le transformer en matière plus légère... Merci! 
Par Flora
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 16:24
Par Flora
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 15:49
A l'heure des elections europeennes, nos nations et leurs partis ont parfois du mal a deleguer a l'Union Europeenne ce qu'ils considerent comme leurs propres prerogatives.
Le clavier sans accents duquel j'ecris ne me fait pourtant pas me sentir moins europeenne.
Ma boite aux lettres anglaise, ou plutot la fente dans la porte qui en fait office, ont recu deux tracts, tous deux eurosceptiques.
Parmi les partis qui refusent l'Union, le BNP- le sigle dans sa globalite: British National Party.
Le British National Party pourrait pourtant se sentir europen tant il a de cousins dans les autres contrees de l'Union. Je ne suis pas en France mais j'imagine.
Voici donc un echantillon des arguments de BNP, British National Party comme vous l'aurez compris.

euro-leaflet-a4
 Traduction rapide, parce qu'un tel tract merite d'etre europeanise:
Nous disons tout haut ce que VOUS pensez tout bas
Non a la loi dictee par l'Union Europeenne et a l'Euro
Non a l'immigration et au chomage
Non a l'impot fort et a la division de le Grande Bretagne
OUI a ce que les britaniques passent en premier
Les emplois britaniques aux travailleurs britaniques
Parce que NOUS en avons gagne le droit

Ces propos auraient pu etre tenus n'importe ou ailleurs en Europe.
Au Royaume Uni aussi l'immigration peut etre assimilee au chomage
Au Royaume Uni aussi l'immigration peut etre la cause de tous les maux
Le BNP imprime egalement un avion de chasse sur ses tracts accompagne du slogan 'la bataille pour le Royaume Uni continue'.
L'Union Europeenne prone la solidarite, pas la guerre. L'Union Europeenne a ete fondee justement pour mettre fin a l'absurdite des guerres, pour rappeler qu'un anglais comme un allemands a droit au titre d'etre humain.
L'Union Europeenne veut realiser un nouveau systeme de gouvernance dans un monde ou il est absurde que seuls les etats aient un pouvoir formel.
L'Union Europeenne ne veut pas dire appauvrissement des cultures ni la perte d'un sentiment citoyen national. La 'British pride' (la fierte britannique) defendue par le BNP n'est en aucun cas menacee, elle est au contraire une part d'une culture multiculturelle.
L'Union Europeenne

Par Flora
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