Dimanche 14 septembre 2008

Le pape Benoit XVI se rend ces jours-ci sur le territoire de la France, à l'invitation du président de la République en personne.

La France a besoin de repères, nous assène notre autorité nationale. Le discours de Latran (cf Bigard, envoyé de l'Elysée au Vatican) de Nicolas Sarkozy pourrait laisser supposer que la religion est la solution au problème, le cadre qui manquait. On pourrait même comprendre que c'est précisement à la laïcité qu'on doit ce manque de repères.
La laïcité tient de la naissance des libertés individuelles, qui ne pourraient être sans le droit à l'autodétermination. L'autorité d'une république ne devrait alors pas être dans une pareille configuration une autorité quasi sacrée.
Seulement la liberté de choix n'est pas à l'ordre du jour; les français, un grand peuple, ont besoin de repères, et ces repères doivent être donnés par la religion. 
C'est une majorité de français qui ont élu le président. La majorité avait raison. La majorité devrait donc avoir encore raison. La majorité devrait gouverner.
Si on avait voulu appliquer le principe majoritaire, alors l'athéisme aurait pu être la première religion de France. Mais l'athéisme peut-il être une religion? Il s'agit maintenant de reconstruire une logique. Rappelons nous; la majorité a eu raison en élisant Sarkozy. Sarkozy a donc raison.
Nous pouvons maintenant appliquer le principe majoritaire selon un tout autre point de vue; celui du mérite de l'élu.
Le droit du Roi à avoir raison universalement et ce dans tous les cas de figure n'aurait pu exister sans sa légitimité sacrée; c'est en tant que représentant de Dieu sur terre que sa parole avait valeur de vérité. 
On a beaucoup dit que Nicolas Sarkozy se conduisait comme un monarque. La République laïque porte en son sein le principe d'égalité.
Or le complexe du monarque de notre président semble tenir d'une analyse personnelle de sa propre personne, quelque peu contestable; il se voit comme un élu. Il a donc la légitimité, et surtout délivre la juste parole. 
Ici réside le coeur dui problème; notre président n'est plus une autorité étatique, mais une autorité sacrée. Et certes quelque peu arbitraire.
Il est notre astre solaire. Nous avons le privilège de pouvoir nous imprégner de sa lumière, aussi devons-nous l'écouter attentivement. Il le faut pour notre salut. La gestuelle du président, à l'index souvent tendu, peut indiquer une certaine propension à donner des leçons de morale.
Nicolas Sarkozy a bien été élu, mais par les urnes.

En plus de nous brûler de ses rayons, notre soleil souffre lui-même d'une insolation. Quand la chaleur est excessive, tout fond et se confond. C'est ainsi que notre président a du fusionner deux mots par erreur; laïcité et athéisme.
Un laïc peut avoir une religion, quelle qu'elle soit. Il n'est pas nécessairement athée.
Le parallèle entre athéisme et laïcité tient à une conception négative de l'athéisme, considéré comme l'ennemi belliqueux qui veut du mal à la religion.
Or un athée n'est pas par essence opposé à toute religion; il ne croit pas personnellement, mais n'empêche personne de croire.
La religion pourrait être une solution au manque de repères; elle n'est en effet pas incompatible au concept même de laïc.
Mais la religion n'est certainement pas la seule solution. Il en va du choix de chacun, non seulement de déterminer ses problèmes, mais aussi de déterminer ses propres solutions.

Nicolas Sarkozy avait prôné une laïcité possitive, en opposition à une laïcité vue comme athéiste.
La religion personnelle du président est connue de tous; il est chrétien.
Surtout, il gouverne avec une morale toute puisée dans ses convictions religieuses.
Devrait-on comprendre qu'une laïcité positive ne pourrait être que chrétienne?
Or la laïcité n'appartient à aucune religion, et encore moins au seul christianisme.

Par Flora
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Mardi 12 août 2008

Les Jeux Olympiques devaient à l'origine célébrer les valeurs des Droits de l'Homme et leur caractère universel. Quelques incidents plus tard - certains pays organisateurs des JO prennent en effet quelques libertés par rapport aux droits de l'Homme - O-Change apparait, avec pour but de relayer les Droits de l'Homme, et même de les rendre vivants; une utopie qui vit ailleurs que sur le papier...
Pareil aux JO, O-Change organisera une compétition autour de toutes les activités possibles, le sport n'en étant qu'une infime part. Echange, Humanité et caractère universel sont bien sûr au centre du projet.
Le processus se veut participatif: nous humain pouvons remplir un questionnaire sur leur site, ce jusqu'à décembre 2008...

Suivez le lien... ici

Par Flora
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Samedi 9 août 2008
Alors que les droits de l'Homme se veulent être la valeur primordiale hissée par de nombreux pays, ces même pays ont honorés de la présence de leurs plus hauts dignitaires la cérémonie d'ouverture des jeux Olympique en Chine. 
Angela Merkel a boycotté la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques, allant plus loin que les déclarations d'intention de nombre de ses voisins et autres confrères. Ceux qui s'étaient posé la question d'un possible boycott de la part de leur représentation nationale ont progressivement changés leur position. Officiellement pour ne pas porter préjudice au peuple de Chine, qui aurait été plus touché que les autorités même; aller à l'ouverture des jeux deviendrait ainsi un geste politique... Officieusement, par crainte des retombées économiques et de tensions diplomatiques, qui elles même pourraient être dangereuses pour le commerce. Seulement, adopter une pareille logique pourrait conduire à l'opposé des effets escomptés. Si on considère que le jeu économique s'effectue suivant des rapports de force - où le "dominant" est en position de négocier, mais pas le "dominé", comme son nom l'indique -, renoncer à toute position idéologique montre que l'interlocuteur est le plus puissant. En clair, cela revient à confier les conditions des termes de l'échange à notre ami chinois. Pire, ne pas prendre de positions claires revient à se positionner idéologiquement parlant au niveau économique au moins, et à tout un projet de société par extension; la Chine a adopté un modèle inédit, qui mêle main de fer de l'état, c'est à dire le degré 0 du libéralisme politique, à une bonne dose de libéralisme économique. La contradiction même intrinsèque au libéralisme, qui finit par anéantir la liberté. Par contre, la Chine reste cohérente dans son mépris à l'égard de la valeur de l'être humain. Reste à savoir si on peut considérer pareille homogénéité comme un atout.
Au niveau des craintes des dirigeants au sujet de l'économie, le cas allemand prouve qu'elles ne sont en rien justifiées. Les relations économiques entre entreprises chinoises et allemandes sont au beau fixe, et les échanges continuent à augmenter encore et encore. Tenir des positions politiques et fixer des règles humaines pourrait-il imposer un certain respect et gommer une part de l'aspect rapport de force des échanges internationaux? Au moins que des valeurs humaines ne portent pas forcément préjudice aux résultats économiques... Privilégier le quantitatif au qualitatif serait-il une erreur...
Angela Merkel assume ses responsabilités politiques, et mieux, pose une frontière entre les différents rôles; si les sportifs ne sont pas obligés d'appuyer la mise en scène des jeux, il appartient à leur métier d'y participer. Il ne s'agit en aucun cas d'une concession aux valeurs et droits humains; c'est l'occasion d'une visibilité supplémentaire pour les défendre, ne serait ce que par une attitude. Pour les sportifs, participer aux jeux revient à assurer leur carrière, et donc à assurer leur bien être et l'importance d'un individu, d'un seul. Face à une logique de masse, il faut se rappeler que chaque être humain a de la valeur, et surtout a la même valeur.
Notre devise nationale: liberté, égalité, fraternité. Et si les Jeux avaient été l'occasion d'y faire honneur?
La chancelière allemande a également accueillit le Dalaï Lama deux fois au cours de l'année passée, affichant clairement son soutien à la cause tibétaine, et plus largement aux droits de l'Homme. Si le problème tibétain touche à des frontières non consenties, il s'agit aussi d'un problème de répression de la part des autorités chinoises, présent sur l'ensemble du territoire de la "république démocratique". Ce sigle dit beaucoup au sujet d'un certain totalitarisme, qui, au prétexte d'être le plus apte à assurer l'épanouissement d'un pays, donne certes un cadre mais surtout une rigidité hiérarchique...

Par Flora
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Vendredi 18 juillet 2008
Personne ou presque n'est d'accord sur les fonctions que doit remplir l'Union Européenne.
Le traditionnel clivage entre unionistes -partisans d'une simple collaboration entre les états, soit les acteurs centraux à leurs yeux- et fédéralistes -partisans de la décentralisation- a structuré durablement le champ politique européenne. La construction de l'Union en a indiscutablement été ébranlée.
La présidence de l'Union Européenne n'est pas un mandat comme les autres. En effet, si l'Union s'est constituée dans l'après guerre, ce fut en contre pouvoir face à une puissance des états seuls, et en l'occurrence de la contagion d'idées d'une poignée d'hommes à tout un ensemble d'institutions.
Le mouvement de globalisation a depuis changé en profondeur la marche du monde. Un véritable système de gouvernance, qui induit multilatéralisme et diversité des acteurs institutionnels, peine à se mettre en place.
Delors qualifie l'Union d'O.P.N.I, à savoir Objet Politique Non Identifié, parce que l'Union porte justement l'ambition du multilatéralisme; il s'agit en effet d'une véritable innovation institutionnelle, puisqu'elle propose une articulation entre plusieurs échelles de gouvernements, dite gouvernance multi-niveaux, sur un modèle inspiré du fédéralisme.
C'est ainsi qu'a émergé le concept d'Europe des Régions; on ramène le pouvoir à une échelle suffisament réduite pour une gestion efficace, pragmatique puisqu'au plus proche des réalités territoriales.
Ces diverses articulations du pouvoir européen semble peu connues du président français: il préside l'Union en tant que chef d'état du membre de l'Union Européenne, la France, ce pour six mois.
La fonction ne peut être plus éloigné du présidentialisme; il s'agit d'arbitrage plus que de décision unilatérale, le tout basé sur le compromis, valeur chère à l'Europe.
Par Flora
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Vendredi 13 juin 2008
La publicité devrait être prochainement supprimée des canaux du service public; la mesure tendrait à favoriser la culture. Mais supprimer la publicité revient il réellement à introduire plus de culture?
Si on considère la publicité sous l'angle de la perception de Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, il s'agit de mettre à disposition du secteur privé le "temps de cerveau humain disponible". Un but en soi si on suit Le Lay.
Seulement le secteur public doit, au moins théoriquement, suivre une logique financière pour assurer sa survie, et plus encore les moyens nécessaires à la qualité de ses émissions et diverses collaborations à la naissance de courts ou longs métrages, de quelque nature qu'ils soient.
La publicité est aussi indiscutablement la marque d'une politique de diffusion. Selon les créneaux horaires on verra davantage des publicités pour prothèses dentaires ou pour des jouets pour enfants. Si la publicité vend des produits dans un but certes totalement intéressé, elle diffuse des images et représentations de la société dans laquelle on vit. Elle effectue à ce titre un véritable travail sociologique, même si son intention première tient à une logique marketting.
La publicité est également adaptée aux supposées catégories de la population, selon les critères d'âge, de sexe, ou encore de position dans la hiérarchie sociale. Elle est ainsi un outil de représentation, qui peut caricaturer, mais les théories ne sont elles pas toujours des idéaux types? Grossir les traits, selon la relativité ambiante, n'est certes pas une "bonne" chose; on s'éloigne de la rationalité. Au contraire, on s'approche peut être ici de la rationalité. Caricaturer est un outil de compréhension sociétale bien plus accessible que la relativité. Peut être même plus objectif. Quand on fait une analyse poussée, on exclue des facteurs pour en choisir d'autres. Or les concepteurs des publicités ne choisissent certainement pas les même images que les chercheurs en science sociale, auxquels on repproche souvent le manque de distance à leur objet d'étude, l'homme. Or moquer amène à la distance; la sélection inconsciente des chercheurs se transforme en sélection consciente de traits perçus comme moins flatteurs. La publicité diversifie la lecture de la société, offre un autre pan d'analyse.
La publicité rapelle l'âge d'or des classes moyennes, symbolise l'accès à la consommation de masse. A ce titre, il est l'objet qui à lui seul contient l'idée de convergence de la société vers une certaine égalité; la classe moyenne s'impose comme l'élément constitutif d'une société toute en continuum, oubliant le clivage bipolaire entre classe populaire et classe bourgeoise.
Pourtant on invoque souvent la démocratisation culturelle pour supprimer la publicité du service public. De quelle culture s'agit il? La Culture? Le discours donne souvent l'impression que la culture est un tout homogène, qui s'impose naturellement de par sa supériorité; la culture n'est pourtant pas une évidence. Elle ne s'assimile pas, mais se construit et s'enrichit. La Culture sert à découvrir et à s'ouvrir. La Culture ne doit pas moraliser et imposer une vue; la culture apprend que rien n'est universel et encore moins objectif. Personne ne s'accorde sur la beauté d'une oeuvre s'il n'y a pas eu un avis diffusé préalablement ou institutionnalisation de sa beauté. La Culture donne le droit de penser, de décrypter, d'argumenter; il s'agit de prendre conscience qu'il existe différentes réalités. 
Qu'en est-il si la Culture est enfermée dans une définition rigide?
Par Flora
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Vendredi 6 juin 2008

Art

 L'ensemble de l'oeuvre de Keith Haring permet de s'interroger sur la nature même de l'art, ou plutôt de l'Art. On associe trop souvent l'Art à ce qui n'en est qu'une catégorie, qui reprend des codes plus classiques du Beau, aux lignes douces et rondes, harmonieuses et travaillées. Les tableaux de Haring sont eux organisés autour de larges traits noirs; s'ils sont nets, la peinture coule par endroit. Keith Haring n'a pas cherché à la retenir ni à la contenir.
Haring était avant tout inspiré par le monde qui l'entourait: on lit une dénonciation d'une société qui va trop vite, mais où va-t-elle, elle l'ignore. Pourtant, les traits naissent aussi vite que tourne le monde. "J'ai peur de mourrir", affirmait Haring. La mort? Le vide sans doute.
Keith Haring illustre la violence avec la figure de l'érection, synonyme de pouvoir. En somme, le monde souffrirait d'une virilité mal placée. La faiblesse consiste sûrement plus à répéter qu'on est invincible.
Un coeur est souvent placé à côté de la tête des personnages... L'Art de Keith Haring, avant d'être contestataire, est visionnaire, parce qu'il est résolument humain.
De nombreux hopitaux à travers le monde ont vu leurs murs se parer des traits de Keith Haring; couleurs et enfance aident à faire de la mort une part de la vie.
L'art d'Haring est participatif.
Keith Haring a invité de "simples" personnes à se joindre à la construction de certaines de ses oeuvres murales.
"Crack is wack", peignait Haring là où l'espoir ne signifiait plus rien.
L'Art d'Haring est militant.
Keith Haring a longtemps esquissé à la craie ses dessins sur les espaces publicitaires non occupés du métro de New York. Il les voulait accessibles à tous. En ne s'attribuant pas des espaces privés, Keith Haring ne s'imposait pas, mais s'offrait et concertait , rendant la propriété de son art accessible à tous. Pour que l'Art puisse traverser les murs des musées, pour que l'Art soit institutionnel mais pas seulement, pour que l'Art permette de réinvestir l'Espace.
Avec Haring, les murs, ou tous autres matériaux, deviennent vivants.
L'Art permet de croire.
Une réaction à Haring; "It makes me happy".
L'Art a atteint le Beau.

La Fondation Keith Haring aide les malades du SIDA et les enfants, l'artiste ayant été foudroyé par le premier et touché par les derniers.
Par Flora
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Mercredi 14 mai 2008
Il était une fois un monsieur, que nous nommerons Ai-gris.
Il faisait son marché un jour de campagne municipale.
A chaque extrêmité du marché, une couleur; un bleu très bleu et un rose très rose.
Seulement l'homme ne voyait plus la vie en couleur. Ou tout du moins hésitait entre ne plus la voir en couleur ou pencher pour le daltonisme.
Il s'était, pensait il, assagi; l'adieu à la jeunesse disait il.
Ai-gris n'était pas si loin de la jeunesse pourtant, mais il ne pouvait plus voir derrière lui en raison de sa greffe volontaire d'oeilleres.
Autrefois, il était idéaliste, mais avec l'âge, il avait "compris". Compris que "ce sont tous des pourris".
Il avait même construit un modèle d'homogénéité différenciée durant ces longues années écoulées.Tout revenait au même, mais certains détennaient LA responsabilité.
Le monsieur eut un sursaut. Il avoua difficillement avoir été communiste. Pour s'en excuser, il ajouta qu'aujourd'hui c'était bien fini.
"Oui, la Gauche, c'est pire que la droite, ils promessent, ils promessent mais c'est leur faute tous les problèmes de logement. Regardez, une amie a voulu revendre son appartement, mais il ne vallait plus rien. Elle l'avait acheté au parc HLM. C'est la faute de la Gauche si ça ne vaut rien les HLM. D'ailleurs, ils n'en font même pas assez pour loger tout le monde".
Ai-gris venait de passer devant la marée bleue.
Professeur d'histoire dans le secondaire, il avait vu et continuait à voir se succéder des générations de jeunes. Plus aucun respect.  "Les bleus, ils les recadreront eux, ils feront quelque chose".
Ai-gris me confia, vous êtes jeune, vous, vous êtes encore idéaliste. Mais vous verrez, quand vous aurez cinquante ans, comme moi...
Ai-gris ne croyait plus au blanc, mais croyait encore au noir.

Un extrême en vaut un autre.
Au blanc ne succède pas le noir. Au noir ne succède pas le blanc.
Voir en blanc ou noir revient à tout voir en gris.

Etre idéaliste est être réaliste.
C'est justement parce qu'on a conscience qu'on peut agir. Certaines choses sont plus sombres que d'autres. Au contraire des initiatives brillent.
C'est dresser un bilan et vouloir l'améliorer. 
Par Flora
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Jeudi 1 mai 2008
Yunus, après des études aux Etats-Unis, devient économiste.
Pendant les années 1974 et 1975, il voit son pays, le Bangladesh, essuyer une famine; Muhammad Yunus a alors l'idée du microcrédit. En 2006, le prix nobel de la paix vient couronner Yunus, et surtout son initiative. Le Monde 2 leur consacrait leur rubrique "le grand entretien" dans leur numéro 219 (les citations en sont extraites).
Le microcrédit vise à permettre la réalisation de projets déjà esquissés, mais endigués par un manque criant de moyens, et ainsi de permettre un accès large au travail indépendant. Naîtra en 1983 la Grameen Bank, dont la signification ("Banque des villages") souligne la vocation du microcrédit à accompagner le développement des zones rurales pauvres, face aux sources d'emploi que constituent les zones urbaines.

Muhammad Yunus disait "de plus en plus difficile d'enseigner d'élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres tandis que la mort ravageait [son] pays", notamment alors qu'il était confronté quotidiennement à la famine qui règnait au Bangladesh. L'application simple et parfaite des théories ne permet pas d'enrayer des crises humainement dévastatrices, quand elles ne provoquent pas elles- mêmes des catastrophes. Les théories, si on les considère comme relatives, peuvent apporter des éléments de solutions; l'économie les a pourtant bien souvent mystifiées. Alors que l'autorégulation devait offrir la flexibilité, la théorie du libéralisme économique est appliquée de façon tellement rigide qu'elle ne fait qu'accroître inégalités en tous genres. Le sigle de concurrence pure et parfaite en dit long. Il en va de même pour les autres théories; si elles contiennent des éléments de vérité et de possibles réponses, une théorie ne pourra jamais être universelle. Le postuler est une abérration quand on considère les différences de contexte en terme d'espace et de temps, et le mouvement permanent qui rend au moins partiellement insaisissable le moment présent. La volonté de contrôle que dénotent ces théories, que la "rationnalité" légitime, doit tout simplement être abandonnée; cette quête d'un absolu, la raison, est justement et intrinsèquement irrationnelle. 
Les pays riches, initiateurs des théories économiques, appliquent la "rationalité" jusqu'à leur conception de l'emploi: celui-ci doit être salarié ou ne pas être. L'emploi indépendant ou informel ne correspond pas à ce besoin de cadre: il est considéré comme anecdotique, et n'apportant pas de garanties, doit le rester. Le système financier, en conditionnant le crédit à des garanties, refuse finalement toute prise de risque, du moins selon sa conception; les crises qui secouent le monde financier sont dues à l'application automatique de ce principe. En ne pariant pas sur la responsabilité individuelle et sur le potentiel que pourraient développer les plus pauvres, les banques favorisent un assistanat d'état: les pauvres ont besoin d'aides, n'ayant d'autre choix que de rester pauvres, puisque ni le salariat ni le système financier ne les désirent et que toute autre alternative est endiguée, car postulée avant même son essai comme non souhaitable.
 Alors que le rôle de l'état divise de plus en plus, hésitant de façon schizophrène entre un état providence ou un était laissant toute régulation au marché, Yunus propose un compromis; en permettant au secteur indépendant de se développer, "le gouvernement n'a rien à y faire, seulement à veiller à ne pas l'étouffer". Ainsi l'état pourrait repenser son action en donnant la possibilité d'autonomie par le self-employment; sans abandonner la régulation au marché, l'état ne rendrait plus obligatoire la dépendance des plus pauvres à son égard. La gestion d'un état providence  est devenue difficile en raison du manque de fonds disponibles, ce précisément parce qu'il est géré de façon quantitative quand son action se veut par essence qualitative.
N'est pas le rapport même à la valeur travail qui doit être remis en cause? Muhammad Yanus en explore plusieurs dimensions. Il s'étonne: "mais à quoi servent [les banques] si elles [n'aident pas les gens [à sortir d'une situation difficile, à créer de la valeur, du travail?". C'est là une conception d'utilité sociale que Yunus voudrait voir les banques développer. "L'homme est considéré comme un employé, un salarié, une machine. C'est une vision unidimensionnelle de l'être humain. Le salariat devrait rester un choix, une option parmi d'autres possibilités": on peut se demander à quoi correspond le développement... "Un travailleur indépendant, qui tient une échoppe par exemple, travaille quand il en a besoin. [...] Il a fait sa journée, il profite un peu de la vie": il s'agira donc de travailler pour vivre et non pas de vivre pour travailler!

Qu'est le libéralisme sans une fin politique?
Le monde développé semble malade d'angoisse. C'est tout une conception du capitalisme, celle qui considère le profit comme seule valeur, que Yunus veut endiguer. Son microcrédit est une façon d'accéder à une "entreprise sociale", qui permette de vivre sans chercher toujours plus d'argent. C'est au capitalisme social qu'il veut accéder, qui joue des avantages du système en place sans oublier ce qu'est réellement une valeur. Il s'agit de se recentrer sur l'humanité et de redéfinir ses besoins. De ce qui lui est profitable, pour ainsi dire; s'il n'est qu'économique le profit est-il profitable?
Ce n'est pas d'une révolution dont le monde a besoin, mais d'une prise de conscience. Parce qu'être anti-système est un radicalisme au même titre que le libéralisme pur. La perfection n'existe pas justement pas sous une forme parfaite. Le "système" comporte certes des pans glissants, mais il est impossible d'accéder au changement sans s'intégrer dans ce qui régit le monde. L'alternative se trouve au sein même du "système". 
"Je sais bien ce que certains pensent: c'est un idéaliste. Mais non, je ne suis pas idéaliste, je suis réaliste. Tout le monde espère gagner de l'argent en faisant des affaires. Mais l'homme peut réaliser tellement d'autres choses en réalisant des affaires."

Par Flora
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Mercredi 23 avril 2008


Quelques dizaines d'années en arrière, lors de l'industrialisation, les inégalités se firent de plus en plus criantes.
Un peuple d'ouvriers textiles du quartier de la Croix Rousse à Lyon, les Canuts, entreprirent de lutter.
Le chant des Canuts relate l'injustice:

"Pour chanter Veni Creator, il faut une chasuble d'or,
Nous en tissons pour vous grands de l'Eglise
Et nous pauvres canuts n'avons pas de chemise
C'est nous les canuts, nous sommes tous nus

Pour gouverner il faut avoir manteau et ruban en sautoir
Nous en tissons pour vous grands de la terre
Et nous pauvres canuts, sans drap on nous enterre
C'est nous les canuts, nous sommes tous nus

Mais notre règne arrivera quand votre règne finira
Nous tisserons le linceul du Vieux Monde, car on entend déjà la révolte qui gronde,
C'est nous les canuts, nous n'irons plus nus..."


Quelques dizaines d'années plus tard, Mai 68 arriva, prônant une société humaniste, dont paix et égalité.
Des pavés volèrent, mais plus seulement sur le mode révolutionnaire.
Pacifisme naquit , héritant des mouvements précédents, non violents.

Nous nous apprêtons à fêter les quarantes ans de Mai 68.
Les inégalités subsistent.
Des mesures semblent même les rechercher.

Célébrer Mai 68 revient aujourd'hui
à porter des valeurs qui ne doivent pas disparaître
à savoir quelle conception du bonheur se rapproche du bonheur: épanouissement ou argent...



La Croix Rousse et son crieur public organisent toute une série d'évènements (link);
participation des petits et des grands exigée, parce que c'est vers l'avenir qu'on veut se touner...
Révolution ne demande pas un mode révolutionnaire,
Révolution se joue dans les esprits,
Révolution rime avec Union...





Par Flora
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Dimanche 20 avril 2008


"Celui qui t'a dit qu'un homme ne doit pas pleurer ignore ce qu'homme veut dire"

in L'attentat, de Yasmina Khadra

Par Flora
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