Samedi 22 mars 2008
Les médias jouent un rôle politique indispensable: ils informent.
Or les médias semblent tendre de plus en plus vers le consensus, voir l'occultation; la non information est aussi dangereuse pour la démocratie que la désinformation. La pensée unique menacerait elle? Oui, mais pas dans le sens sous lequel elle fut dénoncée au cours de sa campagne présidentielle par Nicolas Sarkozy, simple anticipation de ce qu'on pourrait à juste titre lui reprocher plus tard. Quand Sarkozy parlait de pensée unique, il luttait contre ce que prônait Renaud Lambert, c'est à dire une subjectivité honnête. S. dénonçait ce qu'il voit comme un style, mais qui est en fait le professionnalisme du monde journalistique. Sarkozy semble avoir institutionalisé l'amateurisme politique; larmoyer au lieu d'informer en toute conscience,  faire du fait divers la justification d'une politique déraisonnée et surtout débarassée de tout caractère social réel. Ne pas être honnête en définitive. Jouer du moralisme.
La pensée unique à combattre réside dans la concentration des pouvoirs économiques, politiques et médiatiques. Un processus qui s'est accéléré; jamais un président de la république française n'avait décidé quels journalistes l'interviewraient, c'est désormais chose faite. 
La future suppression de la publicité sur le service public doit inciter à la vigilance. Parce que les médias peuvent s'en trouver désarmés et qu'ils auront toujours besoin de moyens pour survivre et assurer d'une certaine diversité de points de vue.

Acrimed, observatoire des médias, lutte pour ce journalisme honnête, mais aussi pour que le journalisme reste professionnel. Pour que l'information reste de l'information. Et pour qu'on puisse continuer à choisir et à penser de notre propre chef. Pour que la liberté soit, en somme.
Chaque jour, on nous parle d'utilité. Or la définition d'utilité du pouvoir en place n'est pas forcément universelle. L'ouverture passe aussi par l'intellect, le développement de soi et la curiosité. Ainsi l'art plastique n'est pas utile aux yeux du gouvernement, simplement parce qu'il est difficile d'établir un lien direct entre la matière et l'entrée dans une profession. Réduire sa réflexion à rentabilité et efficacité, c'est oublier que la fin du libéralisme économique est le libéralisme politique.

Imposer des définitions revient à imposer un point de vue. Son propre point de vue.
Une simplification qui signifie simplisme.
Un unilatéralisme qui n'aboutira qu'à vider le monde de sa diversité et de sa richesse.
Par Flora
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Samedi 15 mars 2008
Cette vérité fut lancée au cours d'une conférence intitulée "analyser l'appareil médiatique en Amérique Latine et la perception de l'Amérique Latine par les médias français". Elle ne concernait bien évidemment pas seulement un continent ni même un pays, mais le métier de journaliste en général. Une vérité universelle en somme.
Pour reprendre les propos de notre journaliste, Renaud Lambert, digne représentant du Monde Diplomatique, "l'objectivité est une tarte à la crème". L'amour de la science et de la rationnalité, si répandu, parvient parfois à nous faire oublier notre nature humaine (sans parler de faiblesse, on remarquera simplement que la perfection n'est pas de ce monde). Comment en effet écrire objectivement sur des enjeux qui nous sont plus que familiers, susceptibles de modifier chaque jour nos conditions de vie? Si on postule que l'objectivité est, on induit qu'il existe une vérité, et une seule. En admettant... Serait on capable de la saisir, de faire abstraction de toute perception individuelle?
Notre fameuse objectivité, de son vrai nom, serait plutôt un avis. La grandeur de l'Homme, cet être rationnel avec un grand H, pourrait s'en voir quelque peu réduite; pour ne pas traiter à nouveau des contradictions de la figure du héros, voyez l'article précédent consacré au sujet. Consolons nous; l'Homme est grand de par son humanité. Le "combat ordinaire" (emprunt à Manu Larcet) remplacerait il notre caractère héroïque? Le choc de la subjectivité n'en est pas un, ce qui pourrait nous permettre de survivre moralement.
Quelques minutes plus tard, Renaud Lambert donna naissance à la plus belle définition possible du métier de journaliste militant; "je tends vers une subjectivité honnête"...
Par Flora
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Dimanche 2 mars 2008

Puisque le héros est une figure récurrente dans l'histoire, attachons nous à la cerner. 
Puisque le héros est au centre de concepts en vogue, voyons pourquoi le vénérer.
Victimes, morale, grandeur, unissez vous!

Remercions Cavanna pour son éclairage et son appel à la mesure.

Période: Deuxième Guerre Mondiale
Directeur-manager de la France: Pétain
Problème: le STO, les prisonniers de guerre, les Chleuh (correspond au terme de "boche", mais dans une version deuxième guerre mondiale)...
Heureusement: des héros, une patrie

"Des prisonniers, merde! En chair et en os! Là, devant nous! J'en ai la gorge serrée.
Depuis trois ans, je marche à la religion du prisonnier. Moi et les autres. Toute la France. Depuis trois ans, le prisonnier est le grand thème national, le mythe sacré, l'Indiscutable. On peut être pour ou contre le maréchal, Laval, la Collaboration, les Anglais, les Américains ou les Russes, on peut exalter la guerre ou la déplorer, sur les prisonniers tout le monde tombe d'accord.
Le prisonnier, martyr national, victime expiatoire, Christ douloureux... Les Prisonnier, grande figure émaciée au regard lourd de muet reproche... Le Maréchal ne parle que de ça, à tout propos, la larme à l'oeil. La France entière souffre et expie par ses deux millions de prisonniers. Les affiches ,dans les rues, ne vantent plus le chocolat Menier ou la ouate Thermogène. Elles font jaillir des murs les longues silhouettes kaki pathétiques, au teint jaune-vert de citron pas mûr, aux joues creuses - pas trop creuses, attention : ça pourrait suggérer que les Allemands les nourrissent mal, la Propagandastaffel n'aimerait pas ça - aux orbites pleines d'ombre où flambe le regard fiévreux. Fiévreux, mais franc et direct. Et bleu. Regard de français, regard d'Aryen. Les belles affiches aux couleurs douloureuses tout à la fois vives (faut que ça se voie) et tristes (et oui artiste, c'est un métier, quoi) mettent le Prisonnier à toutes les sauces: pour nous enjoindre de souscrire à l'emprunt national, pour nous exhorter à aimer le Maréchal, à travailler dur, à supporter les privations avec le sourire, à donner pour le secours d'hiver du Maréchal, à économiser le charbon qu'on nous ne distribue pas, à dénoncer les terroristes, à aller de bon coeur tourner les obus en Allemagne, à maudire l'Anglais (on dit "la perfide Albion"), le juif, le Bolchevik et le pourceau yankee, à collaborer dans l'enthousiasme avec le vainqueur magnanime, à ne pas écouter la B.B.C., à adhérer au P.P.F. ou à d'autres trucs du même genre... Enfin, bon, le Prisonnier hante la conscience de la France. Sa mauvaise conscience. N'oublions jamais: c'est notre je m'enfoutisme qui les a menés là, derrière les barbelés, ces martyrs qui souffrent pour nous. Et aussi notre goinfrerie de congés payés, de semaine de quarante heures, de sécurité sociale, de dinde aux marrons à Noël... 
Il n'y a plus de politique en France, il n'y a que de la propagande. Deux millions de prisonniers - on nous le répète assez, on ne risque pas de se tromper d'un zéro! - ... Caque famille française en a au moins un "là-bas". La France entière communie dans la religion de la Patrie blessée. Le Maréchal est Dieu le père, le Prisonnier est son fils douloureux. Le barbelé, comme symbole, vaut bien la croix. Et, celui-là, même les bouffes-curés peuvent s'incliner devant sans rougir.
Les discours, les journaux, et la radio aussi, sans doute (je suppose: à la maison, la T.S.F. n'a jamais pénétré), ressassent et exaltent l'expiation, se barbouillent d'humilité, ramènent sans cesse nos malheurs si terribles mais si mérités et la nécessité de s'incliner avec dignité, de dire: "Merci, mon Dieu", et de tendre l'autre joue. Ca donne à tout un ton chialard, un air curé, dont le culte du prisonnier est l'expression la plus achevée.
Le Prisonnier, notre plaie saignante, notre remords et notre pitié, le juge futur à qui nous aurons à rendre des comptes, de terribles comptes
Eh bien! Il est là le Prisonnier! Devant moi, à 50 mètres.
J'ai même pas à réfléchir. Je piétine les autres, je passe par la fenêtre, je cours vers le groupe jaune moutarde."
                                                                                     extrait de Les Russkoffs, dont l'auteur n'est autre que Cavanna

Comme vous l'aurez deviné, les héros n'étaient pas les êtres mythiques attendus, mais des individus plus que pragmatiques, ne possédant pas forcément toutes les qualités humaines.
Ils rendaient mieux sur l'affiche!
Ne cessons pas pour autant d'être idéalistes; l'idéologie dictée n'est pas une idéologie, et les jugements moraux accompagnés de recommandations sont rarement à suivre...

Par Flora - Publié dans : Culture
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Dimanche 2 mars 2008
Les sondages le martèlent au fil des semaines: la popularité de Monsieur Sarkozy est en chute libre, tandis que celle de Monsieur Fillon, Premier ministre de son état, gonfle progressivement. 
L'interprétation généralement admise en est; un style de présidence désavoué, mais une politique approuvée. 
Seulement associe-t-on directement Monsieur Fillon à la conduite de la politique française? 
Si on suit la définition officielle des prérogatives du premier ministre en France, oui. L'article 20 de la Constitution précise d'ailleurs que "Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation". 
La pratique est cependant bien différente. Il n'a échappé à personne que le poids du président de la République s'était étendu; auparavent heureux détenteur d'une fonction représentative, l'élu concentre les pouvoirs, qui s'étendent à l'ensemble des domaines de politique publique.
Fillon est souvent présenté comme le simple exécutant, aux ordres de son supérieur; il subit l'action de son président. L'interprétation des sondages, quand elle affirme que la popularité du personnage symbolise le soutien par l'opinion de la politique menée ces derniers mois, prête à Fillon une importance et un pouvoir que tous considèrent comme le domaine de Sarkozy. L'omniprésence du chef de l'état éclipse tout simplement son premier ministre. 
La montée dans les sondages n'est elle pas au contraire un désaveu supplémentaire pour la politique de Sarkozy? La sympathie qu'inspire Fillon ne viendrait elle pas de son statut de victime-pantin du président? Les français, en lui accordant leur confiance ne réclament ils pas une répartition des pouvoirs, et par extension un premier ministre existant?
Par Flora
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Mercredi 27 février 2008
Two father, ou comment des émissions pour enfants éduquent à la tolérance sans tabou
http://www.youtube.com/watch?v=_qf0puHJ-KM

Une piste pour...

- Réintroduire la morale à l'école. Alors que cette morale soit républicaine, et surtout égalitaire, ou qu'elle ne soit pas!
- Faire du service publique un espace de services publics. Plus de publicités, parce que toutes fraichement remplacées par le clip en question. Question du remplacement traitée. Exigence qualitative exhaucée. Il ne reste plus que la question du financement...
- Une propagande "positive" (terme emprunté). Après tout, une société solidaire demande que ses membres se respectent

Propositions non exhaustives...
Par Flora
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Vendredi 15 février 2008
DSC01284-copie-1.JPG  Quelques pas avant le musée juif de Berlin, une trace ordinaire de la haine d'un français. Malheureusement, l'assimilation du peuple allemand aux nazis est toujours présente dans les esprits. "Merde bosch". L'orthographe douteuse témoigne que le temps a passé, qu'on ne sait plus très bien ce qu'on hait. Mais le sentiment de haine est lui toujours aussi prégnant.
L'inscription, de par son emplacement,  a sans doute été inscrite en allant au musée juif de Berlin. Le lieu où un peuple a choisi de se souvenir malgré le peu de gloire qu'apporte l'héritage. Le musée est bien vivant, on peut s'y exprimer. Le dialogue prévaut; partout on peut s'exprimer et s'apaiser. On ne peut plus ressentir de la haine; n'est elle pas à la base des horreurs de la Shoah? 
Aujourd'hui, on propose d'associer chaque élève de CM2 à une victime de la Shoah. Une victime du même âge que l'élève. 
Personnifier la mémoire à l'extrême à l'âge où l'enfant n'a pas encore pu avoir une connaissance globale du phénomène. Toujours ériger cette morale simplificatrice du Bien et du Mal. 
L'injustice sera irrémédiablement ressentie. Les enfants jugeront, sans distance aucune. Ils ne pourront qu'intégrer la Shoah à leur présent.  Une incitation à la haine en somme. Le rôle de la mémoire est de permettre un futur où on a appris des erreurs, en aucun cas de se complaire dans le passé. 
Parce que la Shoah est associée directement aux nazis, puis à l'Allemagne, on désigne des coupables. Et on peut ainsi oublier le rôle de la France dans la Shoah. Le régime de Vichy a lui aussi commis des atrocités. Pourtant, on en parle peu. Souvent la seule résistance est évoquée. La mémoire sert aussi à accepter que le monde ne se réduit pas aux héros contre les méchants. La mémoire sert à comprendre que tout extrêmisme est dangereux. Le nazisme était un idéal, un modèle de société, une morale malgré toute l'inhumanité dont il était porteur. Réécrire l'histoire et ériger une morale unilatérale en morale universelle...

Par Flora
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Dimanche 27 janvier 2008
Bruno-Pascal Chevalier, malade du sida, est en grève de soins pour protester contre la nouvelle franchise médicale. Parce cette réforme ne doit paraître ni acceptable ni naturelle.
Un enjeu que touche la réforme est celui de l'égalité. La franchise médicale elle concerne aussi les affections longue durée. Pour citer une de ces affections; le SIDA. Le syndrome est toujours souvent perçu comme imputable à la responsabilité du malade.  La réforme renforce encore et encore cette exclusion de fait. A ce titre, elle cautionne un grave manquement à la dignité humaine. Rendre responsable les malades les exclue d'un système républicain basé sur le mérite.
L'homme rêve de maîtrise; mais on ne peut dompter totalement la nature, et surtout pas sa propre nature. La maladie rappelle la mort, et donc la finitude de l'homme. Le malade est un élément perturbateur  rejeté parce qu'il symbolise ce qui ne doit pas être vu, l'insoutenable, l'insupportable. En somme, il perturbe l'équilibre de la société . C'est tout le rapport de la société à la maladie qui est en jeu.
Ces malades-coupables voient leurs sorts aggravés; ils sont finalement punis parce qu'ils représentent la faiblesse de l'Homme. Ils correspondraient pourtant à un parfait profil de victimes, concept dont on use si souvent. Ca serait oublier le courage dont les malades font preuve quotidiennement en luttant de front non seulement contre la maladie mais aussi contre l'exclusion sociale.
Nicolas Sarkozy s'est présenté comme le président du pouvoir d'achat. Alors comment imposer la franchise médicale? Les malades, qui continuent pourtant à faire parti de l'humanité, semblent exclus du projet. La réforme, en incluant les affections longue durée, prive encore ceux qui ont le moins de ressources. La maladie empêche souvent de travailler; même en imaginant que le merveilleux adage "travailler plus pour gagner plus" fonctionne, il resterait toute une catégorie de la population exclue de ce pouvoir d'achat.
Par Flora
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Dimanche 27 janvier 2008
Responsabilité, quand le mot est employé par M. Sarkozy, signifie presque toujours culpabilité. 
Que la franchise médicale ait été étendue pour célébrer la nouvelle année renforce le mécanisme de culpabilisation. "Il faut responsabiliser les malades", nous déclamait Roselyne Bachelot à l'annonce de cette nouvelle franchise. Mener une vie saine peut certes influer sur la santé, mais ne la garantit sûrement pas. Ce postulat peut fonctionner pour un rhume, mais il est intolérable de penser qu'il peut l'être pour une maladie moins bénine. 
Pourtant, le but avoué de cette réforme est de trouver de nouvelles ressources pour le plan de lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer et pour améliorer les soins palliatifs. Il s'agirait donc d'améliorer les conditions de vie de ces patients. Prétendre qu'on est coupable de sa maladie s'inscrit en faux avec cette supposée logique. Les franchises médicales peuvent être ressenties comme une punition; on paye au sens littéral, mais on paye aussi sa faute. La franchise est une nouvelle expiation; les seigneurs payaient leurs tribbuts à l'Eglise au Moyen Age pour que Dieu leur pardonne quelques meurtres, on monnaie notre salut avec notre empereur. Parallèle non exhaustif.
La mesure voudrait contrôler l'hygiène de vie de la population. Vouloir le bien de ses concitoyens; impossible de contredire un but si noble. On pourrait tout de même oser y opposer un élément; la franchise médicale poursuit une visée quelque peu maladive. Une société ne peut être parfaite et n'inclure que des individus "sains" et "saints". Cette volonté de contrôle permanent pourrait aller jusqu'à franchir les limites de la liberté individuelle, et ainsi constituer une intrusion voire une violation à la vie privée. Pointer régulièrement pour rassurer notre seigneur de notre bonne santé peut presque s'assimiler à un paternalisme revisité, fait d'assujetissement.
Responsabiliser les malades suppose qu'ils sont maîtres de leur destin, notamment aussi de celui de leur santé. C'est pousser la théorie de l'acteur rationnel un peu loin. On est coupable d'une intention, mais pas forcément du résultat de ses actions.
Quel paradoxe quand celui qui détient la responsabilité politique reste irresponsable aux yeux de la loi.
Par Flora
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Dimanche 13 janvier 2008
"Quatre minutes".
Une professeure de piano cherche le talent. Une détenue à laquelle elle enseigne semble le posséder . Alors qu'elle poursuivait l'excellence, elle découvre une personne. Sur fond de musique possédante, toute la façade qu'elle s'était construite s'effondre...
Un film dur? Un film qui peut paraître violent; paraître seulement. L'humanité est omniprésente.
"Quatre minutes" bouleverse les apparences, essentiellement les jugements simplificateurs qui définissent le Bien et surtout le Mal. 
L'ère des victimes semble institutionnalisée. Les "vrais gens", à traduire par ceux qui ont subi une perte, doivent être décorés de la légion d'honneur. Jean Marie Bigard, en accompagnant le voyage présidentiel au Vatican, nous a d'ailleurs donné l'illustration parfaite de cette nouvelle religion du martyr; en substance, ceux qui ont vécu des épreuves sont des élus de Dieu, les autres sont des "cons" (terme employé). Tout une théorie...
A l'heure où on veut la société cadrée par la Morale, "Quatres minutes" montre que charité ne signifie pas sensibilité. Que la Morale telle qu'elle est pensée n'a rien à voir avec l'ordre; la notion cherche une forme de pureté, alors qu'elle ne sera jamais qu'un jugement biaisé. Que la quête du talent cache une pénitence. Que de ne pas se trahir est plus difficile que d'adopter la Morale et son apparence stricte comme modèle normalisateur. Le talent est de rester libre, c'est à dire fidèle à soi-même et à ce à quoi on tient.
Par Flora - Publié dans : Culture
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Lundi 3 décembre 2007
La séquence Silverstein, court métrage de Jean Luc Gason, se trouve au bout de ce lien...
http://www.10bitlog.com/silverstein.html

La séquence Silverstein s'ouvre sur Stan, à la vie presque trop réglée. Son quotidien est un jour perturbé par l'installation d'une nouvelle porte automatique à son travail. Cette dernière semble refuser de le détecter, et donc de s'ouvrir. C'est en fait la caméra SGE de la porte automatique qui n'est pas satisfaite de ce qu'elle voit; la caméra est capable de scruter le génome humain, et celui de Stan n'est définitivement pas acceptable. Il présente la séquence d'instabilité sociale; attention à ces personnes, elles ne sont pas fiables.
La séquence Silverstein est une fiction, mais rappelle des dérives bien réelles et plutôt terrifiantes. Les comportements sociaux ne dépendent pas de l'ADN, pourtant le plus important personnage public a voulu détecter les futurs "voyoux" dès le jardin d'enfants, justement en surveillant leurs gênes, où ce genre de comportements antisociaux seraient inscrits. L'instrumentalisation de la science à l'état pur. La violence n'est heureusement pas une fatalité. Construire l'exclusion ne devrait pas non plus être une politique.
La porte automatique va décider de la vie d'un homme. Automatique. Les hommes robots ne réagissent plus devant un tel manque d'humanité. La vérité, nouvelle religion, doit être le référent. L'éthique est subjective. Et puisque le système SGE est scientifique ...
Par Flora - Publié dans : Culture
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