Dimanche 18 novembre 2007
La loi Pécresse sur la réforme des universités, adoptée en catimini au cours de l'été, succite bien des protestations. Jusque-là rien de plus normal. 
Seulement, une minorité à la conception particulière de démocratie a décidé que tous les élèves de l'université (ici Lyon II) voulaient voir leur fac fermée par leurs soins. 
Oui, on peut être à la fois contre le blocage et contre la loi. Mais une assimilation directe s'installe entre anti-blocage et pro-loi Pécresse. 
Or le débat ne porte même plus sur une loi, mais sur les instruments de lutte. Les bloqueurs et anti-bloqueurs divergent avant tout sur les moyens employés, sans nier qu'il existe une opposition et un appui au sujet de la loi Pécresse au sein des anti-bloqueurs. De plus, de tels moyens décrédibilisent tout mouvement protestataire. 
Quant on demande un vote à bulletin secret, on nous assène que celui ci n'est qu'une vaste illusion et que la démocratie, la vraie, passe elle par le débat. Pour ce dernier point, on s'accorde; débattons. 
Malheureusement, la conception du débat suit là aussi une définition assez étrange... Cadre: Assemblée générale. Respect d'une ligne "idéologique" stricte, vote à main levée, interventions choisies. Une seule position peut s'exprimer, celle du blocage. Tout autre opinion s'expose aux "bouh", "t'es de droite" (la version soft), "facho"... Le débat devrait pourtant être une démarche constructive à partir de la confrontation d'idées différentes et par là, semblerait-il, l'occasion de la participation de tous. 
D'ailleurs, la participation de tous pose aussi problème; un des arguments "fort" du blocage est "ceux qui ne sont pas d'accord n'ont qu'à venir aux AG, ceux qui n'y sont pas n'ont pas d'avis (version soft là aussi)". Ce postulat exprime clairement que l'opinion de tous ne peut être prise en compte; il existe un bon avis et un mauvais. Les bloqueurs semble détenir la compétence politique et par extension la légimité du monopole de l'autorité. Comment peut on prétendre se battre contre une élite quand on se constitue comme telle? 
Un aveu à demi mot; "Hitler a été élu démocratiquement". Cela voudrait-il dire que donner le pouvoir à une poignée est plus démocratique que la démocratie elle-même?
Comme précisé ci dessus, s'exprimer quand on est pas d'accord relève du parcours du combattant. Etape 1: Ne pas céder à l'auto-censure. Etape 2: Accéder à la tribune. Etape 3: Arriver à finir une phrase, ettouffée au bout de deux mots par les huées et les sifflets. Autant d'étapes qui font que beaucoup ne sont même pas venus aux AG, et que d'autres, présents, n'ont pu franchir une de ces barrières.
Débattre demande de dialoguer, ce qui ne passe certainement pas par la censure ou l'insulte, ni par un mode ultra-réactionnaire devant des avis différents. On a le droit de ne pas être d'accord; une évidence qu'il semble utile de rappeler.
Une situation singulière; on pourrait assimiler le mouvement de blocage à une sorte de grève. Or une grève est faite pour gêner l'économie, montrer combien on est indispensable à la bonne marche de la croissance, et de fait valoriser cette participation. Un drôle de mode protestataire en définitive; se punir soit même, et seulement soit-même. Le blocage porte des conséquences individuelles, rater une année au risque de se décourager et de ne pas poursuivre ses études, et donc subies pour une majorité qui n'ont pu décider de leur propre avenir.
Par Flora
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Dimanche 14 octobre 2007

Alors qu'elle s'exprimait au sujet de l'amendement ADN, Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la ville, a déclaré qu'elle trouvait "dégueulasse d'instrumentaliser l'immigration". 

Jusque là, quoi de plus normal? La déclaration est plutôt pertinente devant un amendement des moins humanistes. Le fait de pratiquer des tests ADN sur les personnes qui demandent à devenir françaises rend impossible toute future intégration et tout sentiment d'appartenance impossible. Comment se sentir français alors qu'on est suspect d'emblée? Ceux qui avaient déjà quelques tendances xénophobes continueront à s'enmurer dans leur peur, dans une attitude de méfiance et de défiance (la position de supposé martyr donne des ailes; la responsabilité du taux de chômage étant directement imputée aux "étrangers" (qui ne le sont plus pourtant), ceux ci méritent bien quelques stigmates). 

Certes le terme "dégueulasse" n'est pas souvent employé par l'Administration, ce qui se justifie grandement quand la représentation fait parti de leur rôle. Mais la légitimité de cette opposition excuse l'abandon d'un vocabulaire propre aux professionnels politiques. Seul risque: l'amateurisme cher à S., même si la situation ne révèle en rien l'amateurisme de Fadela Amara, risque simplement d'être conforté et Johnny Haliday de devenir ministre (oh que oui). Chose étrange, selon le mécanisme de causalité de S., s'exprimer dans un langage familier revient à comprendre la population; les encouragements du président à la ministre d'entretenir ses interventions dans ce style "authentique" montre forcément sa grande "envie" d'être proche de tous les français, ou plutôt que tous les français se sentent proches de lui, entretenant l'illusion que chacun est précieux à ses yeux (enfin ceux qui le méritent, on l'a compris), et la grande démagogie dont il fait preuve en concourant à l'unanimité.

On a entendu des critiques fuser de toutes part face à l'évènement. UMP et PS ont fusionné dans la critique.
Tous deux critiquaient le non respect du principe, si on peut le définir comme tel, du "les membres d'un même gouvernement, voir d'un parti politique, doivent tous être d'accord ou du moins agir comme si". Problème ici; si notre gouvernement parle d'une seule voix, la voix en question vient d'un seul homme. Democrazy! Mais l'opposition, tout comme l'UMP d'ailleurs, préfèrent demander de démissioner à Mme Amara.
L'UMP semble donc ne pas avoir intégré que suivant leur voie ils devraient inaugurer "l'ouverture", et donc accepter une diversité d'opinion. Pour dire les choses sans emphase,tout comme leur mystique S., faire semblant de vouloir l'ouverture pour montrer le caractère profondément enfoui de la démocratie pratiquée actuellement. Ainsi, ils sappent la couverture de leur chef. Ne nous inquiétons pas, ils seront certainement punis pour une telle faute.
Le PS quant à lui a envie de renforcer la couverture du grand totem. Pour montrer combien il est lui même incapable d'ouverture, il a décidé de suggérer à la seule personne qui avait fait preuve d'opposition d'arrêter. Tous les ministres de sensibilité de gauche ou simplement humanistes devraient plutôt être encouragés à suivre. Le PS se prive ainsi d'une contestation intégrée au gouvernement, et qui serait la pluis efficace qu'on puisse trouver. Si les ministres décidaient de décider, j'entends de gouverner comme c'est théoriquement leur rôle, quelques mesures de justice sociale pourraient être présentées. Avec un peu de communications à propos de ces mesures, elles pourraient même devenir chères à la population et être avalisées par le parlement qui ne pourrait résister à la pression populaire. L'occasion a été donnée à l'opposition de s'exprimer; plus que de contester, d'agir. 

Monsieur S. avait finalement raison, il ne courait pas de risque en entamant l'ouverture. Personne ne peut s'apercevoir que si protestations , mieux, propositions et actions il y avait, l'ouverture serait vite suspendue.
La stabilité politique est certes primordiale, mais l'opposition est aussi nécessaire lorsque des réformes contraires aux principes de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen sont imposées. 
N'oublions pas; "liberté, égalité, fraternité".

Par Flora
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Vendredi 5 octobre 2007
Parmi les formules de Monsieur S., "travailler plus pour gagner plus" n'est pas la moindre.
La réforme ainsi annoncée viserait à donner un nouveau souffle à notre économie en "faillite" comme l'a qualifiée Monsieur Fillon.
Comme pour tout remède miracle, quelques contre-indications:
Le principe de "travailler plus pour gagner plus" s'inscrit dans une politique à cout terme. Certes une relance ne peut qu'être bénéfique: si elle est effectuée dans le but de lancer une croissance à long terme.
Le diagnostic n'est pas franchement optimal.
La France devrait opérer une mutation de son économie afin d'assurer les emplois de demain. Actuellement, il manque des emplois. 
Proposer de faire des heures supplémentaires ne va pas y contribuer. Ceux qui travaillent déjà pourraient être surchargés de travail, sans que cela vienne forcément d'un choix de leur part. Les enquêtes d'opinion étudiant les RTT montrent qu'une large partie des sondés apprécient ce nouveau temps libre. 
Autre risque pour la compétitivité de la France: notre pays présente un très bon taux de productivité qui pousse 
les entreprises, même les investisseurs étrangers, à embaucher. La fatigue des heures traivaillées en plus risque d'entacher cette productivité.
Si le taux de chômage augmente, les dépenses de l'Etat suivront le même chemin; il ne faut pas oublier que les finances publiques couvrent ce risque de la vie. La réforme du "travailler plus pour gagner plus" en elle même représente déjà un manque à gagner.
De plus une réforme quantitative n'est assurément pas une solution. Il semblerait que seuls les emplois hautement qualifiés puissent assurer l'avenir des pays dont le processus d'industrialisation est ancien, face à la concurrence des émergents. 
La réforme veut donner un meilleur pouvoir d'achat. Le but est évidemment de stimuler la croissance par la consommation. Or toutes les études montrent un mouvement de ralentissement de la consommation. L'argent perdu d'un côté risque fortement de ne pas pouvoir être récupéré de l'autre. 
De plus, parier sur un retour d'investissement basé sur la croissance ne serait pertinent que si les consommateurs ressentaient l'obligation de consommer français. On ne se situe pourtant plus exactement dans le patriotisme économique.
Enfin, le système de sécurité sociale manque singulièrement d'argent. C'est bien évidemment les finances publiques qui l'alimentent. 
Si le système des retraites inquiète le gouvernement, pourquoi proposer des heures supplémentaires sans charges sociales, donc sans financement pour les retraites, et qui en plus vont peut être supprimer des emplois, qui remplissent les caisses et qui, une fois supprimés, demanderont un financement supplémentaire de la part de l'Etat?
La réforme apparaît comme contradictoire au système solidaire de sécurité sociale de la France. Les économies individuelles ne pourront jamais garantir une qualité de vie similaire qu'un investissement collectif. Pouvoir investir dans un matériel de loisir toujours plus poussé si les conditions de bases ne sont pas garanties représente vraiment un avantage? Etre assuré en cas de maladie, de chômage, et d'inélutable vieillesse a pourtant été accueilli comme un progrès social indiscutable...
Par Flora
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Mardi 18 septembre 2007
Madame Christine Boutin et son ministère du logement se délocalisent à Lyon. Le déménagement n’est bien sûr pas définitif ; les préfabriqués qui occupent une partie de la place Bellecour seront installés durant quinze jours pour la modique somme de 250.000 euros.
"Je reconnais la dimension médiatique de cette opération, c'est un outil de communication" clame Madame Boutin.
Le symbole est tout à fait respectable quand il incarne réellement et est brandit dans le but de provoquer une action ; il pourrait être le moyen de réaliser un idéal-type. Or, l’utilité de la démarche n’est pas franchement flagrante.
Il existe une autre forme de symbole, celui utilisé en communication. Il consiste à se faire connaître et surtout à persuader. Persuader, et non pas convaincre. Le mode utilisé n'est pas celui de la discussion mais celui de la domination. Des entreprises sont spécialisées en la matière ; leur gagne pain s’appelle publicité.
Le village provisoire propose une « ambiance chantier » à ses occupants, qui s’amuseront certainement de ce nouveau parc d’attraction. Le principe consiste effectivement à répandre quelques bobines et manger « simplement », c'est-à-dire terroir. Madame Boutin souligne d’ailleurs elle-même "la dimension symbolique d'une installation en province d'un ministère parisien". Ne pas confondre terroir, au sens méprisant du terme, avec province. En espérant que la déclaration ne soit pas mal reçue par ces provinciaux humiliés. Surtout qu’une des plus grandes villes de France ne constitue sans doute pas le lieu le plus représentatif du terroir
A ce titre la place Bellecour est en elle-même un lieu symbolique.
Le ministère du logement se tient là même où les enfants de Don Quichotte s'étaient installés cet hiver... Leur camping à eux ne visait pas seulement à prendre des vacances mais aussi à défendre leur droit au logement.
Ensuite la place Bellecour incarne la grandeur ; elle est la place la plus importante de la ville, la plus grande qui soit piétonne en Europe. La France d’en bas oui, mais pas trop quand même.
Enfin, au centre de la place trône Louis XIV dans une pose conquérante. Le monarque, connu pour avoir aidé à la propagation du rayonnement de la France, s’est aussi illustré par sa mégalomanie, son penchant à l’absolutisme et son sens de l’éclat. Les fêtes données à l’époque réjouissaient presque autant que notre petit déménagement éblouissant. On murmure que Louis XIV servait de modèle Napoléon, nouveau guide spirituel…
Par Flora
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Lundi 3 septembre 2007
Ce matin même, le premier ministre, François Fillon, s'exprimait sur France Inter (L'Invité de France Inter de 8h20 à 9h). 
Un bilan de l'intervention s'impose.
Il semblerait que son gouvernement soit celui qui ôse enfin; il assumerait de faire face à l'impopularité de ses mesures. Au passage, les précédents gouvernements furent accusés de conservatisme. Tout à coup, on comprend où résident la modernité et l'efficacité suprême du gouvernement actuel que Fillon est supposé diriger.
"Il n'y a pas de plan de rigueur" pour les fonctionnaires, nous a informé François Fillon, contrairement à ce qu'avait fait entendre la veille Christine Lagarde, Madame la ministre de l'Economie. La langue de cette dernière aurait simplement fourché; elle voulait juste exprimer que rigueur était nécessaire à sa fonction.

La ministre s'est-elle simplement mal exprimée? La probabilité que Christine Lagarde commette une erreur de syntaxe parraît assez faible. Serait-ce alors une des mesures impopulaires, tant affectionnées par Monsieur Fillon, qu'on voudrait dissimuler provisoirement? Impossible; notre gouvernement représente le peuple français et, à ce titre, ne lui cache rien.
On est en droit de se demander ce qui peut bien attendre les fonctionnaires après la suppression de la moitié de leurs effectifs. Mais le gouvernement aime à nous surprendre; on pensait que personne n'ôserait jamais prendre une telle mesure alors que les hôpitaux manquent de personnel et que les classes de nos écoles sont en sureffectif, une situation qui promet d'empirer. Ca doit être cela le courage politique.
Ensuite, aller contre le conservatisme ne passe certainement pas par une politique du fait divers, dont le seul but est d'apeurer la population afin de mieux la contrôler. L'inquiétude est de fait démultipliée. 
Maintenant qu'on nous a fourni les maux, il faut aussi inventer le remède. Heureusement, on en connaît un miraculeux; le libéralisme. Les exemples du Royaume-Uni et des Etats-Unis sont accomodés à toutes les sauces; on choisit juste d'oublier de regarder toutes les conséquences de l'application de certaines mesures. Seulement, on n'a pas tout à fait compris en quoi consistait le libéralisme. Pour revenir à ses origines, le libéralisme a été érigé en modèle parce qu'il comportait deux facettes; la libéralisation économique d'une part, mais surtout la libéralisation politique. La libéralisation économique comme moyen à la libéralisation politique. La seule raison d'être du libéralisme économique; la libéralisation politique.
Par Flora
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Dimanche 26 août 2007
Des JT qui oublient d'informer...
Parce ce que cette rentrée marque la fin d' "Arrêt sur images", l'adresse du blog de Daniel Schneidermann:

http://www.bigbangblog.net/rubrique.php3?id_rubrique=1

Arrêt sur Images continue sur internet (pour plus de renseignements, cf commentaire):
http://arretsurimages.net
Par Flora
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Mercredi 22 août 2007
Pas un jour ne passe sans que nous soyons avertis de l'activité présidentielle. 

"L'information" est souvent loin d'être primordiale. Combien de fois les journaux ont-ils annoncés à leur une que Mr Sarkozy avait courageusement saisi son jogging et ses baskets pour se dépenser en début de matinée? Un acte héroïque si on considère l'énergie nécessaire alors qu'une longue journée de travail s'annonce. Le traditionnel jogging semble manifester l'accomplissement du devoir présidentiel; après tout, n'est-ce pas la preuve de l'implication personnelle de Monsieur S. dans la vie politique, poussée à un degré si élevé qu'elle en possède jusqu'au corps de la pauvre victime.

Plus que de la réprésentation, comme il incombe à son rôle selon la Constitution, notre cher président semble vouloir réinventer son rôle. La fonction gagne une facette de "premier homme de France", empruntant manifestement beaucoup au rôle de la first lady. Celle-ci demande une certaine habileté dans le maniement du poignet; il faut agiter la main pour dire bonjour au plus large public possible, bien évidemment serrer le maximum de mains, et même acquérir un toucher léger pour donner plus de complexité à l'accolade de type réconfortante. Beaucoup de visites de cimetières rythment le quotidien de ce nouvel individu, teintées d'une compassion assumée. Au moins le marché du chrysantème sera-t-il incontestablement stimulé, le boom de croissance tant attendu et annoncé doit sûrement venir de ce secteur. La rupture tranquille en somme. 

L'activité ne s'arrête pas là. Notre président hyperactif a aussi décidé d'envahir tous les ministères, devenus ses ministères. On assiste ici à une nouvelle forme de subjectivité; subjectivité qui, ayant été approuvée par "tous" les français (53% à l'election présidentielle, ça fait beaucoup), est de fait reconnue comme la seule voie possible. Certes, un léger détail subsiste; la définition du rôle du président, qui continue à exister constitutionnellement.

Les français ont maintenant un dénominateur commun majeur; Nicolas Sarkozy. Plus fort que n'importe quel milieu social. Le 20h, les journaux (du quotidien gratuit à ceux moins abordables) relaient l'activité présidentielle. L'omniprésence médiatique de Sarkozy constitue son caractère démocratique. Cela ressemble étrangement à ce que certains qualifient de démagogie. Jusqu'alors personne n'était arrivé à faire passer l'information aussi largement. Certes dans un cadre restreint, celui de l'activité d'un homme. Mais quel homme!
Par Flora
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Dimanche 17 juin 2007
Le portrait quotidien plus que pessimiste d'une France en crise n'en reflète pas forcément la réalité. Certes le chômage est présent, mais il est sans doute préférable à une précarité généralisée. 
Le  Royaume Uni est souvent mis en avant comme le modèle de réussite de lutte contre le chômage, une affirmation accentuée par l'amitié entre l'ex-premier ministre anglais Tony Blair et le président de la République française Nicolas Sarkozy. Dans une France en proie au doute et surtout en recherche d'un exemple pour réformer, on ne compte plus les interventions chantant les louanges du modèle libéral comme la forme de sociale démocratie à adopter. 
Malheureusement, il s'avère que l'analyse repose sur des observations trompeuses. En effet, le taux de chômage est faible, mais le nombre des emplois précaires, instables ou peu rémunérés s'est immensément acru. Le Royaume Uni s'enfonce dans une dégradation des conditions de vie depuis les politiques très libérales de Madame Thatcher.
Les conditions de vie, plus que les conditions de travail, sont touchées; la position libérale s'accompagne irrémédiablement de suspicions. Le slogan "travailler plus pour gagner plus" repose bien évidemment sur une base méritocrate, mais aussi sur le postulat selon lequel chaque travalleur en situation précaire détient la responsabilité de son échec, et aussi que s'il faisait réellement un effort il se trouverait dans une position plus confortable. Or, la création d'emplois insuffisante est reconnue comme la source du chômage structurel en France. De nombreuses personnes cherchent avec toute la bonne volonté du monde un emploi sans arriver à en décrocher un. A un jeune, on demande de l'expérience alors qu'il rentre sur le marché du travail et que le système universitaire présente quelques lacunes en formation professionnelle. D'autres ne possèdent pas suffisamment de diplômes. Plutôt que de s'attaquer frontalement au chômage, mieux vaut essayer d'en saisir les causes. N'est ce pas au lien entre éducation, formation et emploi qu'il faudrait réfléchir?
D'autres aspects que le chômage entrent en compte dans le modèle anglosaxon.
Il inclue une suspection permanente à l'orisine de la dérive sécuritaire au Royaume Uni. Les caméras de surveillance pullulent dans les rues de Londres. Le sentiment d'agression est permanent; il suffit de penser au principe de guerre préventive qui a donné lieu au bourbier irakien. Les dirigeants n'ont eu de cesse de diaboliser "l'Axe du Mal". Le concept en lui même présuppose qu'on soit apte à juger de ce qui est bien mais surtout de punir tout ce qui s'écarterait du droit chemin. On prend un tournant quasi religieux dans un tel cas, suivi d'un Etat "protecteur" pour ne pas dire étouffant. Le libéralisme politique, c'est à dire la liberté individuelle, ne pourrait il pas en être remis en cause?
Une autre limite de l'exemple anglais; la vague de privatisation de l'équivalent des HLM. La mesure mentionnée par le gouvernement français comme probable future réforme a déjà été expérimentée de l'autre côté de la Manche. Des résultats plus que douteux ont été obtenus; le parc de logements sociaux est devenu quasi inexistant, plus aucun logement n'est disponible, ce qui a bien sûr provoqué une hausse du coût du logement. Les plus pauvres ne pouvaient bénéficier d'un logement; aujourd'hui c'est l'ensemble de la classe moyenne qui est touchée.Le taux du chômage est l'un des plus faibles d'Europe, ce qui apparaît d'autant plus comme une performance quand on sait que le Royaume Uni a lui aussi traversé une crise de l'emploi, à son apogée dans les années 1990.
S'informer du fonctionnement des autres pays ne peut qu'enrichir la France et offrir une diversité de propositions. Encore faut il s'inspirer des modèles plutôt que de chercher à les appliquer directement à un contexte différent où les mêmes réformes pourraient provoquer un effet contraire.
Par Flora
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Dimanche 17 juin 2007
Le contexte de la création de la Vème République a pu faire apparaître un régime présidentiel comme nécessaire; un homme fort pourrait ainsi mener à la réconciliation d'une Nation divisée et faire sortir le France du bourbier de la guerre d'Algérie. De Gaulle a ainsi pu prendre quelques libertés avec le rôle d'un président de la république dont il incarnait les fonctions,  permettant ainsi l'élaboration d'une constitution assez malléable pour qu'un régime présidentiel puisse être envisagé.
Une telle manoeuvre a été opérée dans une période particulièrement difficile; le sauveur de la Nation tant attendu semblait pouvoir n'être incarnée que par De Gaulle, qui symbolisait à lui seul l'espoir d'un avenir meilleur et surtout d'une solution qu'on n'avait pu trouver jusqu'à présent. Plus qu'un chef d'Etat, il était un leader charismatique populaire; à ce titre le rôle de président de la République tel que le prévoit la constitution n'est autre que l'incarnation d'un besoin conjoncturel et surtout qui ne convient qu'à un homme mort depuis des décennies. 
Le portrait quotidien plus que pessimiste d'une France en crise ne reflète pas forcément la réalité. La flambée des banlieues témoignait du malaise provoqué par un sentiment d'inégalité. La solution trouvée? Un état sécuritaire qui ne fait que stigmatiser un peu plus ses quartiers, en les mettant à l'écart et en empêchant ainsi tout lien avec l'extérieur qui aurait pu provoquer un remontée significative du moral des populations et donc de leur donner du courage pour améliorer leur situation.
De Gaulle représentait aussi la figure du pater, celui qui rassure et auquel le peuple s'identifie; son caractère autoritaire témoigne d'une tradition qui était jusqu'alors le seul modèle expérimenté. On sait depuis non seulement qu'il existe d'autres voies qui laissent entrevoir un semblant de responsabilité individuelle, mais aussi qu'il est dangereux de laisser le monopole du pouvoir à un seul comme les expériences totalitaires le soulignent. La plus récente, celle du communisme, part d'un postulat moral qui consiste en l'égalité de tous. On en connaît l'issue malheureuse. Faire basculer une bonne intention en crime contre l'humanité peut être rendu possible par une personne et une seule, d'où la nécessité de limiter les monopoles de pouvoir. C'est là le danger d'un régime présidentiel.
De plus on confond autorité et autoritarisme; certes un minimum d'encadrement est nécessaire, mais dans certaines limites.
Déléguer les pouvoirs entre les mains d'un homme suppose que celui ci soit hautement responsable et dépourvu d'une sorte d'ambition personnelle qui pourrait porter préjudice au pays... Miser sur un tel homme semble hasardeux dans un milieu où l'intérêt personnel prime souvent.

Par Flora
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Lundi 11 juin 2007
Après avoir dressé un bilan des plus catastrophiques sur tous les points possibles et imaginables, la France peine à vivre avec une pareille image d’elle même; entendre quotidiennement parler pendant des années du lien social qui s’effrite, de la montée de l’individualisme comme nouvel art de vivre use même les esprits les plus résistants. Le terrain politique s’avère lui aussi fertile, s’étant peu à peu emparé du négativisme de rigueur; bien que le désespoir n’attende rien et surtout pas d’être au fondement d’un programme, les hommes politiques ont jugé qu’il était de leur devoir de répondre aux attentes de leurs concitoyens. La peur de l’avenir semble toucher toutes les couches de la stratification sociales, redoublée à coup de divers sondages dont la parution s’affole. Même l’espoir d’équité qu’avait insufflée la république se ternit peu à peu ; plus personne, ou presque, ne croit au pouvoir de l’école en tant qu’ascenseur social.
Arrive aujourd’hui le pacte présidentiel de Ségolène Royal, tissé de 100 propositions au but résolument social. Pour une répartition plus équitable des ressources, des inégalités moins criantes et surtout des chances de réussir pour tous. Autant dire combien ce programme parait peu an phase avec le paysage décrit précédemment ; on ne s’étonnera pas qu’il soit fustigé de toutes parts. Souvent qualifié d’utopie, il attire les critiques cyniques des opposants. Ceux qui n’en rient pas n’osent y croire. Et ceux qui en rient affichent un mépris qui pourrait bien cacher une inquiétude. Au milieu de programmes qui présentent une société au rabais et dont les solutions proposées sont les « moins pires », un souffle s’élève. Le projet socialiste se pose en modèle capable d’amener une société plus conforme aux envies, possible instigatrice d’espoir. Il dit combien il est important de croire encore, et donc d’agir, si on veut que le monde ne devienne pas conforme à ce qu’on pense entrevoir de cet avenir fait de noir.      Certains souligneront l’idéalisme du projet, lesquels ne seront pas contredits ; ce programme porte bel et bien un idéal-type de société. Et c’est précisément ce qui lui donne tout son intérêt. Le mot idéalisme, alors lancé comme une critique, renvoie évidement à l’utopie, et donc à une impossible réalisation concrète. Seulement, en portant un regard sur l’Histoire, on s’aperçoit que ce sont les bases idéologiques qui ont conduit aux plus grandes réalisations, face à une réalité plus qu’insatisfaisante les hommes ont ressentis le besoin de se grandir et d’avancer.
- Publié dans : Vision d'une politique
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