Alors que les droits de l'Homme se veulent être la valeur primordiale hissée par de nombreux pays, ces même pays ont honorés de la présence de leurs plus hauts dignitaires la cérémonie d'ouverture
des jeux Olympique en Chine.
Angela Merkel a boycotté la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques, allant plus loin que les déclarations d'intention de nombre de ses voisins et autres confrères. Ceux qui s'étaient posé
la question d'un possible boycott de la part de leur représentation nationale ont progressivement changés leur position. Officiellement pour ne pas porter préjudice au peuple de Chine, qui aurait
été plus touché que les autorités même; aller à l'ouverture des jeux deviendrait ainsi un geste politique... Officieusement, par crainte des retombées économiques et de tensions diplomatiques, qui
elles même pourraient être dangereuses pour le commerce. Seulement, adopter une pareille logique pourrait conduire à l'opposé des effets escomptés. Si on considère que le jeu économique s'effectue
suivant des rapports de force - où le "dominant" est en position de négocier, mais pas le "dominé", comme son nom l'indique -, renoncer à toute position idéologique montre que l'interlocuteur est
le plus puissant. En clair, cela revient à confier les conditions des termes de l'échange à notre ami chinois. Pire, ne pas prendre de positions claires revient à se positionner idéologiquement
parlant au niveau économique au moins, et à tout un projet de société par extension; la Chine a adopté un modèle inédit, qui mêle main de fer de l'état, c'est à dire le degré 0 du libéralisme
politique, à une bonne dose de libéralisme économique. La contradiction même intrinsèque au libéralisme, qui finit par anéantir la liberté. Par contre, la Chine reste cohérente dans son mépris à
l'égard de la valeur de l'être humain. Reste à savoir si on peut considérer pareille homogénéité comme un atout.
Au niveau des craintes des dirigeants au sujet de l'économie, le cas allemand prouve qu'elles ne sont en rien justifiées. Les relations économiques entre entreprises chinoises et allemandes sont au
beau fixe, et les échanges continuent à augmenter encore et encore. Tenir des positions politiques et fixer des règles humaines pourrait-il imposer un certain respect et gommer une part de l'aspect
rapport de force des échanges internationaux? Au moins que des valeurs humaines ne portent pas forcément préjudice aux résultats économiques... Privilégier le quantitatif au qualitatif serait-il
une erreur...
Angela Merkel assume ses responsabilités politiques, et mieux, pose une frontière entre les différents rôles; si les sportifs ne sont pas obligés d'appuyer la mise en scène des jeux, il appartient
à leur métier d'y participer. Il ne s'agit en aucun cas d'une concession aux valeurs et droits humains; c'est l'occasion d'une visibilité supplémentaire pour les défendre, ne serait ce que par une
attitude. Pour les sportifs, participer aux jeux revient à assurer leur carrière, et donc à assurer leur bien être et l'importance d'un individu, d'un seul. Face à une logique de masse, il faut se
rappeler que chaque être humain a de la valeur, et surtout a la même valeur.
Notre devise nationale: liberté, égalité, fraternité. Et si les Jeux avaient été l'occasion d'y faire honneur?
La chancelière allemande a également accueillit le Dalaï Lama deux fois au cours de l'année passée, affichant clairement son soutien à la cause tibétaine, et plus largement aux droits de l'Homme.
Si le problème tibétain touche à des frontières non consenties, il s'agit aussi d'un problème de répression de la part des autorités chinoises, présent sur l'ensemble du territoire de la
"république démocratique". Ce sigle dit beaucoup au sujet d'un certain totalitarisme, qui, au prétexte d'être le plus apte à assurer l'épanouissement d'un pays, donne certes un cadre mais surtout
une rigidité hiérarchique...