Mardi 15 septembre 2009
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Philippe Faure officie ces jours au théâtre de la Croix-Rousse (Lyon, 69004) avec son monologue 'Maman, j'ai peur dans le noir'.
Philippe Faure s'étonne, s'émerveille. Le monologue commence sur l'inflammation des testicules de son ami. Inflammation qui fait comprendre à Faure à quel point il est content de ne pas avoir une
telle inflammation. Une occasion de célébrer ce qu'il a, et de savoir ce qu'il a à célébrer.
Cette première tirade introduit le ton de la pièce, plein de poésie. Et peut être aussi le constat que les âges de la vie ne sont pas si séparés qu'il y parait. Et surtout pourquoi renier sa part
d'enfance?
Grandit-on un jour? Et surtout grandit-on de la façon escomptée?
Et pourtant, aujourd'hui, grandir semble être une obligation. Est il permis d'adopter un ton enfantin en public? Pas vraiment. L'adjectif 'sérieux' est aposé dès l'école sur les feuilles
d'évaluation des bambins et 'sérieux' signifie que l'enfant a un avenir.
Autre, notre Philippe Faure si angoissé semble s'interdire. S'interdire d'être heureux en se posant les questions qui font de lui quelqu'un de sérieux. Est ce grandir de s'interdire de sourire?
Le monologue interroge notre fragilité: devient on fort quand on grandit? Rien n'est moins sûr. L'essentiel est peut être de se poser la question, sans obligation de résultat, donc de réponse. La
force de ce monologue réside sans doute ici: Faure ne nous fait pas ingurgiter des réponses, mais savourer des questions.
Faure use de notre propre malaise pour le transformer en matière plus légère... Merci!
Par Flora
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